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L'empreinte des traumatismes - stress post traumatique

  • nancyrouillard
  • 4 août
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Article sur les traces invisibles des coups reçus physiques et psychologiques.


Ça semble si évident et pourtant ça ne l'est pas. La raison en est simple, c'est que le traumatisme peut être dormant pendant des années voir des décennies avant de refaire surface sans crier gare. Parfois, nous savons qu'il est là, souvenirs à l'appui, parfois non. Dans le dernier cas, le choc est si grand que le cerveau a bloqué l'accès à la mémoire. L'événement a été vécu, mais le cerveau le rend invisible, il l'a emmagasiné dans l'inconscient.


Qu'il soit conscient ou non, le corps a gardé une empreinte en lui pour se souvenir, pour se protéger le moment venu. C'est ainsi qu'une ressemblance avec la personne qui nous a porté préjudice, ou encore, le lieu où s'est déroulé l'événement peut provoquer une angoisse sans raison apparente. Une odeur, un son, une parole peut induire la même réponse au système nerveux qui se met systématiquement en alerte. Le message est envoyé au cerveau: un danger nous guette.


Que la menace soit réelle ou non, le cerveau ne le sait pas. Il reconnaît simplement des éléments ressemblants à l'événement qui a été identifié comme menaçant tant pour l'intégrité physique, émotionnel ou psychologique, ainsi que pour la dignité. Les symptômes éprouvés causes des désagréments multiples comme la transpiration, l'essoufflement, le rythme cardiaque qui accélère. Comme si ce n'était pas suffisant, des étourdissements et nausées peuvent se mettre de la partie. Dans les faits, le corps se mobilise pour attaquer ou fuir. Il veut soit se défendre, soit s'éloigner du danger. Ces crises qualifiées d'anxieuses peuvent provoquer un sentiment de perte de contrôle et donc d'impuissance.


Parmi les mécanismes de fuite développées pour éviter de ressentir de tels inconforts, il y a l'évitement certains endroits, de certains contacts, de certaines personnes. Ce qui mène parfois à l'isolement et la solitude. La perte de confiance en soi se répercute envers celle des autres. C'est souvent avec raison vu la nature des préjudices subis. Il peut en résulter un sentiment de ne pas faire parti de ce monde, d'être inadéquat et souvent d'être un extra-terrestre. C'est insidieux, car ça se fait de façon tout à fait inconsciente, rappelons le.


Ainsi, les traumas, expériences difficiles vécues comme de la violence physique, le viol, l'abus financier, psychologique, l'intimidation, etc. laissent une trace sur notre façon d'appréhender le monde, sur notre ressenti, notre estime de soi, notre motivation, notre confiance en soi et envers les autres...Ils peuvent provoquer anxiété et dépression, souvent les deux en même temps. Ils peuvent même impacter la concentration, la mémoire et l'attention. Traiter les symptômes traumatiques prend du temps et une aide professionnelle adaptée. Ce qui le plus difficile à mon humble avis, n'est pas de raconter les faits, mais de vivre les émotions qui les accompagnent, de les accueillir et de les accepter.


Saviez-vous qu'il y a des réactions traumatiques, c'est-à-dire qui répondent à une situation passée? C'est une réaction automatique générée par une parole ou un geste qui a été interprété comme une attaque. Or, la personne devant nous n'est plus elle-même, mais celle qui nous a blessé, trahi ou manqué de respect. C'est possible avec du temps et de l'humilité de changer la réponse à l'offense ressentie. L' acceptation que la perception n'est plus adaptée à la réalité demande courage et introspection. Il est important de se rappeler que la réponse a déjà été adéquate, car elle répondait à un environnement agressif et dangereux. La reprise de pouvoir sur soi et sa vie passe par l'action, le remaniement de ses pensées et réactions.


La reconstruction du soi, de sa façon d'appréhender la vie, mérite l'investissement de temps et d'argent. Les relations changent, les rapports s'approfondissent, le sentiment de sécurité grandit et, ça, c'est précieux.


 
 
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