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Se comprendre en tout humilité

  • nancyrouillard
  • 3 août
  • 4 min de lecture

Pensée inspirée d'un livre : Le corps n'oublie rien de Bessel van der Kolk.


Je suis en quête de compréhension de mes réactions depuis des années.

Au début de mon parcours, j'étais une femme en forme et déterminée. Je ne savais pas que je n'allais pas. Je menais ma vie comme un dragon, avec force et combativité. Je n'avais pas de limites. Du moins, le pensais-je.


Je m'entraînais 20h par semaine, j'en travaillais 40. J'allais travailler au centre-ville en vélo et je menais une vie tranquille. Un jour, pendant une pratique de boxe (sparring) je me suis blessée. Un coup bien placé m'a été administré dans les côtes. Dans mon orgueil, je l'ai encaissé sans rien dire et j'ai oublié. Toutefois, une douleur s'est installée et a grandit au fil des entrainements. J'ai continuer de m'entraîner pendant encore 3 mois jusqu'à ce qu'un médecin m'enjoigne d'arrêter de bouger. Je ne pouvais pas courir, ni même faire de vélo. Je pouvais uniquement marcher, et lentement en plus!


À ce moment là de ma vie, j'ignorais que le sport était un moyen d'autorégulation, que je m'en servais comme exutoire. Pour moi, c'était ma façon de vivre. Je me suis vite mise à mal aller; pensées négatives, pleurs, etc. Je ne savais pas quoi faire de mon temps et, surtout, j'ignorais ce que j'aimais en dehors du sport. Après avoir pleuré un bon coup, je me suis mise en quête de réponses. Des livres comme Zéro limites de Joe Vitale, le Why Café de John P. Strelecky et Le pouvoir de choisir d'Annie Marquier sont arrivés dans ma vie.

Le premier message étant de prendre responsabilité de ma vie, de mes réactions, de ce qui m'arrive, c'est que ce je me suis efforcée de mettre en pratique au quotidien. Une quête de guérison s'est alors installée. Elle a duré dix ans. J'ai fait de la méditation, des respirations, du yoga, du qi gong. Oui, le sport doux est revenu dans ma vie. Au bout d'un moment, j'ai frappé mes limites à nouveau, non pas physiques cette fois, mais émotionnelles et psychologiques.


Sans le savoir, j'avais remplacé une dépendance par une autre; le sport par la spiritualité. Ben oui, c'est possible. Grâce à cette dernière, un calme s'était immiscé en moi. J'ai compris beaucoup de choses tant sur le plan mental que sur le plan cellulaire, mais beaucoup de questions sont restées sans réponses. Rappelons-nous que selon les grands sages, les réponses sont en nous et, malgré mes nombreux outils développés au cours des années, je ne suis pas arrivée à m'écouter suffisamment pour obtenir de réponse satisfaisante sur le sens de ma vie.


J'ai donc orienté mon parcours vers la compréhension de l'être humain, de ses réactions. C'est devenu ma nouvelle quête. L'éducation spécialisée est alors apparue sur mon chemin de vie pour me fournir de nouveaux outils et de nouvelles réponses. J'ignorais alors qu'elle me mènerait vers la réalisation des traumatismes vécus dans mon enfance. Dans le dédale de ma formation et de mes expériences, je me suis retrouvée au confins des émotions et de ses besoins non répondus, de façon adéquate, des personnes que je supportais, mais aussi des miens.


Étrangement, je me suis retrouvée au centre de moi-même, dans le tourbillon de mes pensées et de mes émotions ou encore dans le vide de celles-ci selon le vécu du moment. Il m'a été est fascinant de découvrir que mes réactions sont souvent obsolètes, en lien avec un passé révolu depuis plus de 45 ans. Je dois constamment rappeler à mon mental et surtout à mon corps qu'il est en 2026, qu'il est en sécurité, que ma réalité n'est plus agressivité, remontrances et violence. C'est un travail de tous les instants et à long terme qui s'est installé dans ma vie.


Je comprends lentement que toute émotion est bonne à vivre, que les mécanismes développés au fil des années ont leur fonction et qu'ils ont droit d'exister. J'apprend que je peux m'arrêter et choisir une autre réaction. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, ça prend de la pratique et beaucoup d'autocompassion. Toutefois, les bénéfices sont nombreux: regain d'énergie, hausse de l'estime personnelle, meilleures relations avec mon entourage, ouverture du cœur et au monde. La peur guide de moins en moins mes actions.


Je partage tout ceci pour en arriver à une lecture faite qui a été révélatrice pour moi : Le corps n'oublie rien de Bessel van der Kolk. Il explique bien l'empreinte que laisse le traumatisme dans le corps, le système nerveux et dans l'inconscient. Il partage les mécanismes qui sont mis en place lorsque l'événement traumatique arrive et ce que l'humain est capable de faire en retour. C'est très intéressant pour déculpabiliser et enlever la honte qui habite celui qui a vécu et réagit aux agressions physiques et psychologiques. C'est utile pour se comprendre.


Je désire que ce blog soit un message d'espoir. Malgré les événements vécus par le passé, il est possible de grandir, de s'en sortir et de mener une vie satisfaisante. Ça demande de l'introspection et de l'humilité pour accueillir les parties souffrantes de soi et de le moduler en douceur pour qu'elles correspondent à ce que nous sommes réellement et non à ce que notre entourage nous a fait croire que nous étions.


 
 
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